Allié-e-s

Quand notre non n’est pas entendu et que notre nom est méprisé dans des masses stigmatisées que l’on monte les unes contre les autres…

Les gens de la ville contre ceux de la campagne, Paris contre la province, ceux de la montagne contre ceux des plaines, la laïcité contre les croyants, les riches contre les pauvres, les cultivés contre les cultivateurs, les travailleurs contre les chômeurs, les femmes contre les hommes, les retraités contre les jeunes, les yeux bruns contre les bleus, les roux contre les blonds, les adultes contre les enfants.

Bien entendu j’exagère certains clivages même s’il est possible d’en entendre de tels dans les cours d’école.

Nous cherchons dès le plus jeune âge des points communs pour nous rassembler ou nous différencier. Heureusement au fur et à mesure de notre cheminement de vie nous pouvons apprendre à apprécier les bienfaits de la diversité. Grâce à untel qui n’aime pas les épinards, je peux en avoir plus dans mon assiette. Mais voilà bien aussi le problème, à cause d’elle qui aime trop les épinards, je risque d’en avoir moins. Freiner nos gourmandises, faire un régime, cela peut être plus facile pour quelqu’un qui a les moyens de manger à sa faim, mais combien difficile de penser mettre du beurre dans les épinards pour d’autres qui n’ont rien et qui voient jour après jour leur ration réduite car ils n’ont pas les moyens.

Il est bien difficile de sortir des clichés et des stéréotypes sur l’autre, sur les autres, sur un « eux » généralisé et enfermé dans une image fixe et imperméable.  A croire que nous serions tous attachés, liés à un groupe humain précis dès lors que nous sommes nés, et que nos gènes et notre milieu socioculturel  empêcheraient toute possibilité d’être différent et unique en ce monde.

Nous avons tous des besoins en commun. D’abord les besoins physiques, physiologiques, boire, manger, dormir. Quand ces besoins ne sont pas satisfaits, ou que l’on craint de ne pas pouvoir les satisfaire naissent le stress, la peur, la colère… d’autant plus lorsque notre besoin de reconnaissance n’est pas satisfait et que nos demandes et notre voix ne sont pas entendues. Il me semble que c’est ce que nous pouvons avoir au cœur de la réflexion sur nos relations humaines en général et dès lors ce qui se vit avec les gilets jaunes.

Il y a des raisons d’exprimer ses doutes et ses peurs. En effet, lorsqu’on voit le coût de la vie augmenter sans cesse, avec de nouvelles taxes sur le carburant sans que la ligne de budget compense ce qu’elle prétend taxer alors que le kérosène bien plus polluant n’est pas du tout taxé. L’impôt sur la Fortune a été supprimé au bénéfice des plus riches. L’ouverture à la concurrence sur l’électricité ne permet pas la réduction des tarifs et c’est ce que craignaient aussi les cheminots avec l’ouverture à la concurrence européenne, le risque pour leurs emplois et l’abandon des petites gares locales au profit des grandes métropoles pour une ruralité de plus en plus

marginalisée.

Il est facile de stigmatiser un mouvement social ou le récupérer lorsqu’il se veut apolitique et c’est ce qui est très marquant dans l’actualité; cela assorti à des traitements médiatiques relayés par les réseaux sociaux.

C’est toujours important de poser les questions ensemble et au-delà des frontières afin que des solutions puissent émerger sans forcément se monter les uns contre les autres. Redonner le vrai poids aux matières premières afin que les pays pauvres puissent aussi s’en sortir, reconsidérer un système basé sur les finances et sur le privilège des cadres par rapport aux ouvriers et aux agriculteurs et donc déjà repenser notre système scolaire actuel qui met en valeur des matières en forgeant un esprit de compétition au lieu de favoriser des stratégies, la coopération et la découverte d’autres cultures qui permettraient de savoir dans quoi s’épanouir avec les autres.

Rémi Droin

 

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