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  • L’épopée de la maison Goudouli 16 octobre, 2019

    1er épisode : la création de la maison Goudouli

    Pierre Cabannes est président depuis 2011 de la maison Goudouli. Infirmier de profession, il a travaillé pendant 17 ans sur l’équipe mobile sociale et de santé et sur la halte santé, avec pour mission de repérer les personnes les plus en danger à la rue. Il nous parle de la création de la maison Goudouli.

    – Vous avez fait ce travail pendant 17 ans ?

    – Pendant 17 ans . Et toutes les personnes qui habitent dans cette maison, parce qu’ici, on habite, on n’héberge pas, les gens sont chez eux, c’est pour ça que ça s’appelle la maison Goudouli, toutes les personnes qui sont ici, je les ai connues à la rue. Certaines d’entre elles, je les connais depuis 18, 19, 20 ans. Quand on a créé la maison en 2011, on tombait dans une conjoncture où on n’avait plus de lieu pour mettre à l’abri ces personnes. les lieux dédiés à la grande précarité du centre ville ont été fermés par l’Etat. Ils voulaient faire des économies, et à la place, ils ont ouvert un grand centre à coté de l’incinérateur du Mirail, donc très loin. Et du coup, on s’est trouvé sans lieu, à part la halte santé pour mettre ces personnes à l’abri, parce qu’avant, on travaillait avec des centres comme soit l’Hôtel Dieu, soit la Madeleine derrière Esquirol, soit Lapujade près de la gare, soit les 36 ponts. Avec un accueil inconditionnel, que ce soit des personnes alcoolisées ou pas, des états d’hygiène négligents, donc une grande bienveillance. Du coup, en mars 2011, quand la halte de nuit a fermé, on n’a plus rien eu pour mettre ces gens à l’abri.

    – Ça a du être la panique !

    – Donc au départ on a protesté professionnellement aux services de l’État, en disant qu’ils allaient mettre les gens en danger à la rue, que nous notre mission de service public, on ne pouvait plus la remplir . En mars 2011 on a réquisitionné la cathédrale St Etienne, d’où on a été expulsés avec pertes et fracas par les CRS, et donc avec le collectif des travailleurs sociaux qui s’était constitué en 2009, le G.P.S, on s’est dit qu’il faudrait réquisitionner un bâtiment. Donc on a contacté un collectif et ils ont repéré le bâtiment d’à coté qui appartenait à l’État, où y avait l’AFPA avant, et le bâtiment était vide depuis trois ans. Le collectif a intégré le bâtiment, a respecté les modalités concernant les squats, et le 23 avril, tous les militants qu’on était, pendant 48 h, on a été encerclés par les CRS. Étonnamment, au bout de 48 heures, ils sont partis. Avec ma collègues assistante sociale, Anne, on est partis à la rue chercher ces gens, pour les faire rentrer dans la maison.

    – Et ils ont accepté ?

    – Oui, parce qu’on les connaissait depuis longtemps. Le plus difficile dans ce travail mais aussi le plus intéressant c’est de pouvoir tisser un lien de confiance avec ces personnes qui sont souvent en rupture de tout, souvent méfiantes, parce qu’on allait vers elles alors qu’elles ne demandaient rien. Alors en ayant semé, en ayant accompagné ces personnes à la halte santé, ces personnes, elles n’attendaient que ça. qu’on ouvre un lieu comme ici

    – Et on ne vous a pas mis dehors ?

    – Fin avril 2011, l’Etat nous assigne au tribunal administratif, ça c’est la clé ! Et désigne 4 représentants du Collectif dont moi puisque je faisais partie des délégations. L’État demandait notre expulsion pour deux motifs : 1er motif, le bâtiment doit être remis à neuf pour l’AFPA . J’avais rencontré à l’époque le sous-préfet, la sous-préfète et le directeur de l’AFPA qui me disaient qu’il fallait partir parce qu’on mettait en danger un projet de rénovation pour l’AFPA. 2ème motif, le bâtiment n’est pas aux normes, et représente un danger pour les personnes à l’intérieur.

    – Parce que dans la rue, elles ne sont pas en danger …

    – Voilà ! Notre avocat a demandé à l‘Etat des devis des projets pour ces bâtiments. Y avait rien, mais rien de chez rien. C’est à dire qu’ils ont menti. Et le 2eme motif, il a dit :est-ce que vous croyez que des personnes qui vivent à la rue sont plus en danger dans un bâtiment où des travailleurs sociaux et sanitaires bénévoles les prennent en charge ? Où ils peuvent prendre leur traitements, et où ils peuvent commencer un petit peu à se restaurer ? J’ai a peu près une biographie de chaque habitant, je connais leur histoire, ce sont des gens qui ont des parcours de vie fracassés avec tous les accidents de la vie qu’on peut imaginer, le chômage, le deuil, l’alcoolisme, des ruptures sentimentales, enfin tout ça mélangé, avec parfois la maladie mentale, donc notre avocat commence à raconter leur histoire, il montre des photos, et le juge au début qui était un petit peu froid, il a commencé à poser des questions, il s’est intéressé, et finalement, deux jours après on avait gagné le procès.

    – Belle victoire !

    – Alors l’état nous a demandé d’écrire un projet de service. Avec ma collègue Anne, chef de service, on écrivait les bilans d’activité de l’équipe mobile sociale, et on rassemblait les données épidémiologiques des grands précaires de la ville. On était rompus à ce genre d’exercice, d’autant plus que ce lieu, on l’avait rêvé, espéré pendant des années et des années. Quand on a écrit le projet, il a poussé comme un champignon, y avait toutes les idées avec ce qu’on avait observé à droite à gauche. Qu’est-ce qu’on avait observé ? Qu’à la halte santé qui est un lieu ouvert 24h su 24, et 7j sur 7 mais pour des courts séjours, on retapait les gens de la rue, et au bout de 15 jours ils repartaient, donc ce qui manquait c’était une « halte santé long séjour » ; deuxième observation, on s’est dit tous ces gens qui sont exclus parce qu’ils boivent, il faudrait faire un lieu où ils peuvent boire à l’intérieur. Plutôt que de boire en cachette quand il fait très froid dehors ou très chaud. Pour ça, en 2010 on était allés à Rouen, visiter un dispositif où la consommation d’alcool est autorisée depuis 95,et on a vu que ça se passait très bien et le constat qu’avait posé le dispositif de Rouen, et qu’on a pu poser nous aussi avec le temps c’est que les personnes boivent moins quand elles sont autorisées à le faire sur le lieu. Ça à l’air d’une évidence, mais c’est pas si évident que ça. Ces gens avant d’arriver ici, leur vie c’était : 15 jours à la halte santé, retour à la rue, passage aux urgences, fugue des urgences, maison de repos, fugue de maison de repos, centre d’hébergement d’urgence, exclusion pour alcoolisation et ainsi de suite, des personnes qui étaient ballottées de partout.

    – Bref, l’exclusion à répétition …

    – C’est ça ! Après, le triptyque de la population habitant ici, c’est le cumul de pathologies, le vieillissement précoce et le décès précoce. L’espérance de vie des personnes en grande précarité à la rue et de 48/49 ans. Doncon a intégré dans le projet de service l’accompagnement de fin de vie, On avait déjà vu mourir tellement de personnes, on s’est dit dans ce lieu, les personnes vont vieillir, et vont mourir et donc on a intégré une prise en charge palliative, comme à la maison, en se faisant à la fois soutenir par le collectif des morts de la rue, Gouttes de Vie, et par le réseau Reliance. On a intégré ça dans le projet. On a intégré l’accompagnement sanitaire, en expliquant comment on allait travailler avec ce qui relève du droit commun du quartier, médecins de quartier, pharmacies, labos, etc, et les dispositifs sanitaires, Purpan, Joseph Ducoing, Marchand, le CMP. Et dans l’accompagnement social, on a intégré l’aide pour ces personnes, qui n’ont plus de papiers, qui ne savent pas faire les démarches, pour les AAH, les curatelles, pour tout ce qui est ouverture de droits, la CMU. Les personnes qui arrivaient ici arrivaient sans rien, toutes ces années à la rue, ils n’avaient plus aucun droit, On a expliqué que ces personnes allaient pouvoir accéder à nouveau à leurs droits et aux démarches de soin, mais comme à la maison.

    – Et comment ça s’est passé ?

    -Alors on a posé tout ça sur la table, y avait une grande table ronde, autour de la table y avait la Préfecture, la Cohésion Sociale, l’Agence Régionale de Santé, la Mairie de Toulouse qui nous ont soutenus depuis le début, le C.D., Gouttes de Vie, le collectif inter-associatif, Pole Emploi et la FNARS . Le projet de service a été validé à l’unanimité. En octobre novembre 2013 on s’est constitué en association loi 1901 : on l’a appelé la maison Goudouli, maison parce que c’est comme à la maison et Goudouli pour le nom de la rue.

    – C’est un beau nom, la Maison goudouli …

    – Et puis il y a une dimension historique, culturelle et locale. Goudouli est un poète occitan dont la statue est au jardin Wilson. J’ai d’ailleurs trouvé des poèmes de Goudouli dans une librairie occitane !…

    propos recueillis par Gisèle

    La suite dans le numéro 176… « Soyons Sport! »

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