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  • Edito 18 juillet, 2019

    Khoya, kh’ti !

    En entrant dans un magasin du quartier du Mirail à Toulouse, une salariée de To7 se disait touchée d’avoir entendu son ami interpellé ainsi : Khoya. Mon frère.

    A ces mots elle nous confiait le côté chaleureux de l’accueil ressenti dans ce magasin. En disant cela, l’ami n’était plus un étranger, mais un membre de la famille.

    Khoya, Kh’ti, mon frère, ma sœur, avec ces mots du Maghreb, voici donc dans ce numéro un questionnement sur le troisième pilier de notre devise républicaine. Liberté, Egalité, Fraternité.

    De qui sommes-nous les frères et sœurs et quelles sont ces valeurs de fraternité aujourd’hui dans un monde où on a tendance à se replier sur soi, son groupe, sa communauté ?

    Même dans les familles nous pouvons savoir la difficulté d’être frère et sœur, avec la possibilité pour chacun et chacune d’obtenir la reconnaissance de sa propre place d’individu à part entière, digne d’exister pour lui-même et d’écrire son propre récit de vie.

    On connaît parfois aussi tous les conflits qui naissent dans la revendication d’un héritage, la fierté des frontières défendues contre ceux qui cherchent asile ou une chance de s’en sortir économiquement.

    Aussi, à partir du moment où l’on se reconnaît membres de la même famille, n’attend-on pas encore davantage de celui ou celle qui est des nôtres, qui devrait posséder les mêmes codes, les mêmes valeurs… et  nous voilà encore plus blessés par un sentiment de trahison au moment où l’autre ne répond pas aux attentes que j’avais placé. De ce paradoxe peuvent naître beaucoup de souffrances mais peut-être aussi ce bonheur de la solidarité qui dépasse toute frontière lorsque je n’attends pas de l’autre qu’il soit mon frère ou ma sœur mais quand j’essaie toujours et à nouveau de devenir moi-même son frère.

    Rémi Droin

  • Frères, oui, mais comment ? 18 juillet, 2019

    Nous avons élevé nos deux fils dans un souci d’égalité très fort. Suite sans doute, étant tous deux de famille nombreuse, à un vécu familial, avec des parents qui avaient fait trop de « différences » entre leurs enfants. Nous avons donc, dès la naissance de notre deuxième fils, veillé de façon maladive à ne pas faire de différences. Cadeaux, nourriture, temps, tout était comptabilisé à l’aune d’un égalitarisme dont l’objectif était clairement énoncé : que nos fils ne connaissent pas les jalousies et les rivalités nées d’un comportement parental qui faisait des préférences, des chouchous comme nous disions enfants. Si j’en parle de cette façon brutale, c’est parce que rien ne s’est passé comme nous l’avions prévu … Au fil des ans, nos fils se sont révélés, malgré l’amour qu’ils se portaient, d’une extrême jalousie, confinant à la haine. Nous étions atterrés sans vraiment comprendre comment, malgré nos efforts et notre bienveillant souci d’égalité, nous en étions arrivés là.

    Et bien sûr, la famille a connu une crise terrible. Nos fils ont chacun de leur coté, dénoué les fils de cette situation tragique, et peu à peu, d’abord dans le déni, puis avec plus de conscience, nous avons compris que notre souci permanent de justice égalitaire avait eu pour conséquence deux choses :

    La première, c’était de gommer toute expression de leurs différences, de leurs besoins propres, de leur être désirant. Comment exister quand on doit être la copie conforme de l’autre frère, recevoir la même part d’un repas alors que l’appétit, les goûts, ne sont pas les mêmes ?

    La deuxième, et c’est bien ce que nous disaient nos fils au cours de ces années de remise en question et de déconstruction, en ne faisant pas de différence, en étant donc des parents « parfaits », nous leur ôtions le droit, la possibilité d’être jaloux, de vivre cette jalousie, de la transformer, d’en faire un levier pour grandir.« L’égalité est un mensonge », disait l’aîné. Ainsi, les rancœurs, les petites rivalités, restées bien enfouies au fond de leur cœur d’enfant, se sont cristallisées en un féroce bras de fer silencieux et douloureux. Jusqu’au jour où ils ont poussé leur cri, cri de souffrance, de colère, cri de délivrance. Qui a ébranlé l’édifice. Notre volonté de réussir (quoi ? l’éducation de nos fils? leur bonheur ? Notre rôle de parent?) a fait place à un terrible sentiment d’impuissance.

    Longue traversée de l’en-bas, dirait Maurice Bellet.

    Tout cela nous avait fait oublier de faire ce pas de coté indispensable à une rencontre, à la rencontre avec nos enfants, et de s’émerveiller de les voir et les savoir si différents. Nous avait rendus aveugles à leurs besoins véritables, à leur personnalité, à leur sensibilité. Nous avait rendu incapables de les aimer pour ce qu’ils étaient et non pour ce qu’ils faisaient. Et de leur apporter ce dont il avaient besoin, dans un souci d’équité, et plus simplement dit, d’amour. Et les avait empêché de vivre pleinement cet amour fraternel dont nous avions rêvé pour eux.

    Aujourd’hui, nos fils ont emprunté chacun un chemin de vie très personnel: c’est un bonheur de les voir si différents dans leur façon d’être au monde, de sentir et de regarder le monde, et d’aller à la rencontre d’eux-mêmes. Et de les voir, enfin, réconciliés.

    – Mauric Bellet La traversée de l’en-bas Ed. Babelio

    GMV

     

  • En pays de Fraternité 18 juillet, 2019

    Nous survolons le Mali. Des perturbations dans le ciel, c’est l’orage et nous sommes bien secoués. Quelques passagers prient, d’autres crient, d’autres sourient. Un moment passe où on se sent ensemble, solidaires, tous dans le même bateau ; enfin, le même avion. Au Mali, on l’appelle la pirogue du ciel (sankunu en Bambara)

    Il fait nuit, il fait chaud.

    Nous passons les contrôles d’entrée au pays. Comme en France, plusieurs guichets… d’une part pour les Maliens et d’autre part pour les étrangers.

    Vers les tapis de bagages nous apercevons des hommes et des femmes qui font signe de tous côtés pour accueillir, leurs amis, leurs amies, leurs frères, leurs sœurs, des parents.

    J’aperçois mon ami, mon « frère » toubib toubabou qui nous attend avec nos hôtes. Les « blancs » sont appelés Toubabou justement parce que beaucoup des premiers venus sur cette terre étaient médecins, hommes et femmes en blouse blanche. Avec l’amie qui m’accompagne, nous ne connaissons rien, ni le pays, ni les gens, ni les coutumes, juste quelques photos et quelques clichés d’un pays d’Afrique ; l’étranger.

    Les amis Maliens de notre ami nous ouvre les bras au sens propre, comme au sens figuré ; accolades, sourires, chaleur. Nous étions des inconnus cinq minutes avant, nous nous sentons en famille, frères et soeurs. C’est un des premiers mots échangés. « Toi, tu es un petit, tu es mon petit frère, dogoni (mon petit), et toi ma sœur (dogomousso). »

    Puis, viennent d’autres rencontres, à manger ensemble dans le même plat, sans couvert, avec les mains après se les être lavées soigneusement. Certains tiennent le bol, afin que le plat ne glisse pas et que tous puissent manger à leur rythme. Les uns et les autres s’arrêtent progressivement de manger puis les restes seront donnés aux enfants ou au gens de la même cour. Dans les cours de ces quartiers plus populaires, se regroupent plusieurs familles qui  ont appris à vivre ensemble, partager le puits, les toilettes à ciel ouvert où l’on fait ses besoins et où on se lave avec un seau d’eau. Accueillis, dans la cour, des amis nous préparent le seau d’eau et le gobelet, avant que l’on puisse s’accoutumer et puiser nous même et rencontrer les personnes qui vont chercher l’eau. Encore faut-il se lever assez tôt, au petit matin, moment des rencontres à l’éveil de la journée.

    Après quelques jours, dans les échanges, nous avons appris quelques salutations. Les gens sont heureux d’entendre leur langue maternelle et nous adoptent à leur manière. Ils nous demandent notre prénom. En entendant la réponse, ils semblent amicalement en désaccord :

    « Hé non ! Il te faut un prénom malien là, tu es chez nous ! » Les propositions fusent, mon amie accepte de se faire appeler Fatoumata ». Je préfère attendre un peu pour avoir un nom dont je connais un peu plus les racines et avant de défendre cette histoire de famille qu’il m’est proposé de vivre. Plus tard je choisirai de m’appeler N’Golo. Ce prénom m’est cher il dit, « je dis ». N’go ou N’ko a été la racine que l’empereur Mandingue Soundiata Keïta a choisi pour appeler et rassembler les ethnies qui avait ces mots pour dire « je dis » et l’affirmation d’une parole commune malgré les différences ethniques : mandingues, bambaras, dioulas, etc.

    Puis mes frères et sœurs malien m’ont également demandé mon nom : Traoré. Un nom d’une corporation de cultivateurs des villages. Pour moi de famille de cultivateurs, je me retrouvais dans ce nom de villageois, « vis la joie ».

    Avec un nom de famille se joue toutes les relations de cousinades à plaisanterie. D’après le nom, les gens situent l’histoire contée par les griots (les musiciens porteurs des traditions et des narrations de l’histoire ancestrale du pays). Avec ce nom, les gens retracent l’histoire, se racontent des blagues, jouent avec les mots et rappellent une histoire de groupes qui ont été unis dans des familles ou qui ont lutté les uns contre les autres. Une manière apaisée de se dire l’histoire pour vivre bien le présent ensemble afin de ne pas subir les tabous des blessures mais en acceptant ce qui a été pour vivre en paix dans l’amitié, la fraternité entre ceux qui se croisent et qui vivent ensemble sur la même terre.

    Par exemple, en tant que Traoré, j’étais un cousin, ami proche des Dembélé et les Diarra pouvaient dire de moi que j’étais jadis leur esclave qu’  « ils avaient appelés » (O tara wélé- Traoré). Et réciproquement, en tant que Traoré je pouvais dire d’un cousin Diarra qu’il était le Lion (diawara) dont j’avais gardé le bout de crinière en le domptant. Disant ainsi, dans la plaisanterie, je pouvais couper un mini fil de ma chemise pour lui montrer sa crinière. Rentrant dans le jeu traditionnel de reconnaissance, la personne que je rencontrais était ma sœur, mon frère et je devenais son frère, si différents mais de la même famille dans cette rencontre.

    N’Golo TRAORE

  • Est-ce ainsi que les hommes vivent ? 18 juillet, 2019

    S’accoupler, s’affilier, trouver un lieu où vivre, dotés d’une source pour se désaltérer, d’aliments pour se nourrir et d’un toit pour se protéger, bref un nid pour y élever ses enfants, n’est-ce pas là les besoins essentiels de notre espèce ?

    N’est-ce pas là où se nichent les fondamentaux de la vie qu’on partage d’ailleurs avec tout animal ?

    Sauf, qu’à l’inverse de nos  frères  animaux, notre évolution et sa sophistication individuelle et sociale nous ont fait perdre, nous humains, l’essence et le sens de la vie, celle d’un vivre ensemble dans le partage, la solidarité et  la responsabilité qui, en des temps anciens, étaient le gage et la condition même de la survie de chacun.

    Il est utile de se demander quand s’est fait le renversement de ce paradigme qui a fait émerger l’individu singulier et sujet, certes libéré du carcan tribal, mais de plus en plus replié sur lui-même, vulnérable, donc amené à se méfier et se défier de tout étranger, y compris son voisin, comme ennemi virtuel de sa  sécurité et de son bien-être,  quand bien même cette menace n’est que virtuelle et qu’elle ne porte surtout pas atteinte à l’essentiel.

    Mais justement ! N’est-ce pas ce besoin nouveau né de l’injonction au consumérisme qui a créé cette distorsion quant aux représentations ?

    Pour en revenir au thème de la famille, les parents d’aujourd’hui, ne sont pas rassérénés, comme les nôtres, de générations plus anciennes, d’assurer à leurs enfants l’essentiel, le gîte, le couvert et des loisirs accessibles.

    Happés par le consumérisme et la compétition, ils ne se vivent « bons parents » qu’en offrant à leurs enfants les derniers  gadgets et des « activités » couteuses, d’où leurs angoisses de fins de mois.

    N’est-ce pas ce renversement des valeurs : se juger comme « bon parent », à partir du superflu et non de l’essentiel, qui rend sensible les petites classes moyennes, aux budgets restreints, aux discours alarmistes contre les migrants « qui viennent nous manger notre pain » ?

    Est-ce une clé, parmi d’autres,  pour expliquer cette peur irrationnelle des européens d’un envahissement par les migrants ?

    En effet, confrontés à ce phénomène migratoire d’une beaucoup plus grande ampleur, des petits pays, plus démunis,  comme le Liban ou la Jordanie n’ont pas cédé à cette panique.

    Pour conclure je pose juste une petite question aux parents européens.

    N’est-ce pas un paradoxe de soutenir ou accepter qu’on dresse ici et là  des murs de ciment qui ne reflètent que leur propre nudité quand, dans la tiédeur de son foyer familial, on exhorte ses enfants à toujours être d’un espace, non d’un mur, d’une lumière, non d’une ombre portée ?

    Houria Chafaï


Qu’est devenu l’ancien site T-O-Mirail qui de 2001 à 2016 a été un portail avec, par et pour les habitants du Mirail  ?

Retrouvez-le à l’adresse http://old.tomirail.net.


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