Désaxés à l’emploi! Le Sept n°174

Édito

L’axe de l’emploi est orienté avec de nombreuses contraintes et un conditionnement de l’ensemble de notre société contemporaine.
Nous entretenons pour beaucoup et particulièrement en France que la valeur de l’individu et sa reconnaissance sociale se mesureraient à son emploi dans un monde où pourtant l’accès à l’emploi semble être de plus en plus complexe.
En général, la recherche d’emploi est une rude épreuve et un parcours du combattant. Certains jeunes pour résoudre cette difficulté se lancent vers une ubérisation où ils sont souvent exploités sans avoir le bénéfice des garanties sociales en cas d’accident du travail, de maladie, de fermeture de leur plateforme, etc.

Aussi de plus en plus tentent de créer leur propre entreprise et se confrontent là encore au poids des charges et aux démarches administratives qui les contraignent souvent à céder avant d’avoir pu concrétiser leurs projets dans la durée.
Paradoxalement, dans un contexte de société française où résistent de nombreux conservatismes à plusieurs visages et dans laquelle les mentalités ont du mal à évoluer, le travail des femmes commence à s’ancrer peu à peu dans les mœurs jusqu’à considérer comme étrange de se présenter comme femme au foyer et combien plus comme homme au foyer ; car le sexisme perdure.
De même, les personnes qui ont traversé les frontières pour trouver refuge, asile, famille, et toujours dans l’espoir de « gagner leur vie » bataillent souvent pour obtenir une reconnaissance, un accès aux droits et d’abord celui d’exister.
Dans ce monde où l’on cultive la valeur de l’effort, qu’en est-il des personnes pour qui l’effort est déjà de vivre jour après jour, accablées de souffrances et d’obstacles quotidiens ou pour ceux et celles qui choisissent un autre modèle de vie que celui de la rentabilité, de la productivité et du résultat financier ?
C’est bien souvent le mépris et la marginalisation qui les accompagnent, montrés du doigt et touchés dans leur dignité humaine.
Car dans nombre de représentations collectives qui naissent aussi à l’école et peuvent se cristalliser dans le système scolaire actuel et après… non seulement, il n’est pas bien vu d’être au chômage, mais certains métiers seraient plus prestigieux que d’autres, avec un prestige souvent considéré à la valeur pécuniaire qu’on leur attribue au lieu de considérer l’épanouissement pour chacun et chacune.
Et si on osait penser autrement un monde où chacun pourrait vivre décemment et dignement indépendamment de la valeur accordée à son emploi, mais simplement par le fait premier qu’il-elle existe en tant qu’humain.

Rémi

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