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L’avis d’un habitant sur le GPV

Article proposé le jeudi 3 mars 2011, par Mourad Hezzi


Lancé dans le cadre de la politique de la ville, le Grand Projet de Ville est un nouveau
projet visant à renforcer cette démarche politique, en mettant en œuvre des opérations de
renouvellement urbain censées améliorer les conditions de vie des habitants, transformer
l’image et la perception du quartier.

En cherchant à traiter les causes socio-économiques de la marginalisation des quartiers
dits « en difficulté », le Grand Projet de Ville a pour but de transformer l’image et le statut du
quartier au sein de l’agglomération, afin de mettre un terme à la considération de celui-ci
comme espace à part, distinct du reste de l’agglomération.

Pour cela, des actions de rénovations urbaines ont été mises en place comme la destruction
d’un bon nombre de bâtiments à Reynerie/Bellefontaine, Bagatelle/Faourette mais aussi à
Empalot et le quartier Nord de Toulouse.

Or, avec toutes ces destructions, je pense que l’on oublie un des critères les plus
fondamentaux à mon sens : il faut que l’on prenne en considération le fait que l’on a à faire à
des familles qui vivent parfois depuis plus de trente ans dans ces barres d’immeubles, et qui
n’ont pas choisies d’être relogées. La population concernée a, pour beaucoup, de la famille,
des amis ou encore une communauté, desquels il est difficile de se détacher. On arrache
cette population à leur environnement pour les replanter, le plus souvent, trop loin, là où un
dépaysement total et déroutant les attend.

Quant à ceux qui décident de ne pas sortir du quartier, on les concentre dans un bâtiment,
comme si on cherchait à les punir de leur refus de partir – en tous cas, c’est comme cela
qu’est ressentie la situation. Je vous laisse imaginer dans quelles conditions vivent ces
derniers. Cohabitation avec blattes et cafards, ascenseurs constamment en panne, bruit
constant des vas et viens des centaines d’habitants entassées là, et j’en passe… Pour eux, il n’y
a pas de rénovation en vue ni même de projet d’amélioration des conditions de vie. Ils sont
face à un dilemme : choisir de rester attachés à un lieu auquel ils tiennent fortement, mais qui
ne leur apporte plus le calme et le confort d’antan, ou partir pour un meilleur environnement
au risque de se retrouver déracinés, isolés ou perdus.

L’organisation de la conduite du projet (le pilotage politique, le pilotage technique, la
direction de projet) se tient à Toulouse sous forme de commissions de quartier, et de bureaux
de pilotage de ces commissions, visant à consulter la population des quartiers, concernée par
ces transformations.

A ce titre, les associations et institutions du quartier uniquement, furent sollicitées pour
assister à ces consultations.

Etant membre d’un collectif d’habitants se mobilisant ponctuellement pour mener des
actions citoyennes telle que l’incitation au vote, j’ai pu avoir la chance de faire partie de ces
commissions.

Mais là encore, il n’est question que de rénovations urbaines où les discussions finissent
toujours par tourner autour de la nouvelle médiathèque ou de la nouvelle maison de
l’image. Tant de lieux où l’accès n’est toujours pas évident pour les habitants car, une des
conséquences immédiates de la discrimination abusive au logement, à l’emploi ou encore
au loisir, est que, désormais, face à des locaux encore neufs, occupés essentiellement et très
souvent par des gens n’habitant pas sur le quartier dans lequel ils travaillent, la population
locale hésite encore à pousser la porte d’entrée de ces institutions pourtant érigées avant tout
pour elle.

En participant à ces instances, nous nous sommes rendus compte, avec mon collectif, que le
GPV devait inclure dans sa démarche un volet social et économique, visant à lutter contre

le phénomène d’exclusion perçu de la part des habitants de ces zones en difficultés. Mais,
malheureusement encore, lors de ces commissions de quartiers, nous avons vu plusieurs
thèmes défiler, tels que les dégâts occasionnés par les pigeons, l’aménagement d’une nouvelle
route ou encore, dernièrement, un nouvel accueil jeunes pour les 3/12ans, ouvert les mercredis
et vacances scolaires (encore un). Et pourtant, malgré nos remarques lors de ces séances, on
oublie encore le volet social du projet visant à lutter contre l’exclusion des populations de ces
quartiers.

En réponse à nos remarques et attentes, on nous a bien fait comprendre que nous n’étions pas
là pour remettre en cause ce que nos politiques avaient décidé, mais seulement pour relayer
l’information auprès de la population.

Les collectifs d’habitants qui se plaignaient des nuisances sonores on été apaisés par des
promesses de retour au calme grâce à notre valeureux guerrier, le commandant Valéro.

Avec la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août
2003, les GPV en ZUS seront transformés en opérations de rénovation urbaine, et les GPV
hors ZUS également, sous réserve d’une demande formelle de la dérogation de l’article 6 de
la dite loi.

A bon entendeur ! Salut !

Article publié dans « Le Sept » 135 - Décembre 2010

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1 Message

  • Il semble urgent pour la ville de Toulouse de développer une ingénierie capable de s’appuyer à la fois sur l’expertise de la maitrise d’ouvrage mais aussi sur la maitrise d’usage à partir de débats publics avec véritables appels à la participation active sur des temps d’élaboration de projets, avant et pendant la prise de décision finale. C’est la « transparence interactive »
    Un progrès indispensable pour le GPVille /Vie serait l’urbanisme « éthique », dont la genèse est l’architecture vernaculaire : c’est-à-dire l’utilisation matérielle des ressources locales « éco-construite » du territoire, à partir de reconnaissances de l’existence de ses qualités.
    Sociologiquement l’homonyme de vernaculaire est indigène du latin indigena : Formé de indu forme renforcé de in (dans) et de -gena (né de ) du verbe genere (engendrer).

    Projet :

    Un projet qui paraitrait avoir du sens au regard de ces définitions, serait de réellement confronter les intentions premières des urbaniste architectes à l’expérience vécue par les habitants de Bellefontaine au fil des 35 années de son histoire.
    Selon les professionnels de l’urbanisme, le Mirail était un projet au retentissement international, d’un « urbanisme au visage humain », fait « pour le bonheur des enfants », qui fut le fruit de longues années de travail d’architectes qui furent parmi les plus attentifs de leur époque aux dimensions humaines, sociales et temporelles de l’habitat.
    « Il n’y a pas de plante sans racines, il n’y a pas de ville sans histoire » disait Georges CANDILIS

    Cet enthousiasme des pionniers se heurta rapidement à l’incrédulité ambiante, le rêve d’une ville nouvelle faite pour le bonheur se transformant, au contact des réalités sociales, économiques et politiques en une cité sans horizon et sans devenir, figée dans le temps.
    Aujourd’hui, les adaptations à un monde qui change ne peuvent être que brutales, faites de démolitions et reconstructions.
    Quel avenir pour ce qui est sans passé ?
    Quelles racines pour un quartier décidé, planifié d’en haut par quelques uns qui n’y ont pas vécu, pour tant d’autres qui n’y ont décidé de rien ?

    Le discours des décideurs est souvent enfermé dans la sphère d’une pensée instituée. L’action des professionnels (maitrise d’ouvrage) devrait aujourd’hui, au regard de nos échecs passés, se déterminer en fonction de demandes ou de revendications des habitants (maîtrise d’usage).
    Mais les habitants destinataires des espaces aménagés sont la plupart du temps exclus des processus de décision. En réaction à cet état des choses, je propose de concevoir des projets avec et pour les habitants du Mirail dans un souci de démocratisation des procédures urbanistiques : de véritables CONCERTATIONS.

    A nous de développer des évènements pour révéler les potentiels d’usage des lieux et pour sensibiliser les habitants à la définition de leur cadre de vie. C’est la seule véritable REQUALIFICATION durable possible.
    Je propose d’abord de vivre l’espace avant de le concevoir, l’expérimenter avant de le dessiner, casser la distinction savante entre espace conçu et espace vécu.
    Pour Bellefontaine, il est évident que les réunions doivent se faire dans le quartier, au local Médiation Inter Bailleurs de l’association Médiation Prévention Relais.

    Notre place est à la croisée de l’architecture, de l’art et de la médiation sociale.
    Nous devons saisir l’occasion du GPV pour répondre à des besoins formulés à l’avance et surtout pour imaginer des usages alternatifs, pour émerveiller et pour révéler des situations nouvelles.

    Des gestes constructifs réalisés aujourd’hui constituent autant de provocations au désir d’agir, à la dynamique de participation des habitants. Ces projets cherchent à anticiper les vocations des lieux et les conflits d’usage et suscitent des situations d’échange et de convivialité avec le quartier, la ou l’urbanité est la moins attendue.

    Constat sur la démocratie participative au GPV du Mirail.

    La participation des citoyens du Mirail se limite actuellement à l’enquête publique avec quelques réunions de présentation informatives agrémentées à la fin d’un petit temps de consultation s’il en reste un peu. On entend aujourd’hui les critiques parfois justes, mais aussi violentes concernant la politique de la Mairie : « Conseils de quartier = poudre aux yeux, alibi, instrumentalisation … »
    Certes on ne trouve pas en France une véritable culture de la participation comme en connaissent les US et nos voisins européens.
    Il existe pourtant des éléments théoriques comme l’échelle d’ARSTEIN servant de repère à l’élaboration de projet, de nombreuses associations impliquées sur ces questions là en France y font d’ailleurs références, citons la plus emblématiques l’ADELS (Association pour la Démocratie et l’Education Locale et Sociale), mais aussi de nombreux outils techniques d’animation de la participation. L’un n’allant pas sans l’autre.
    Avons-nous oublié que dès son origine en 1982, la politique française de développement social des quartiers pose la participation des habitants comme un principe d’action déterminant une rupture d’avec les modes de production et de transformation urbaine qui l’ont précédée ?
    Son fondateur Hubert DUBEDOUT affirmait que « rien ne se fera sans la participative active des habitants ».Depuis, même la loi BORLOO de 2003, relative à la rénovation urbaine GPV, démolition /reconstruction, exige des maires que les projets qu’ils présentent aient été élaborés sur la base d’une concertation méthodique des habitants des quartiers concernés.
    Le quartier du Mirail vit en régime de concession, par lequel ce sont les bailleurs qui assurent la quasi-totalité de la gestion quotidienne de l’espace.
    Il s’agit d’adapter la décision des acteurs en tentant d’ajuster les intérêts de chacun même si la décision reste au maître d’œuvre, et évidemment au politique.

    Ex :l’ AMPR , première expérience d’implication et de mobilisation d’habitants dans l’encadrement par l’émergence d’agents de médiation sociale et d’« adultes relais » assurée pas des habitants eux-mêmes. Ils sont chargés de faire respecter les règles de civilité dans un périmètre de Bellefontaine jusque dans les transports en commun de la ville.
    (Expérience de Zoubir SARDI, membre fondateur, qui a commencé dans ce domaine en temps que « emploi jeune »).

    On voit ainsi que les formes d’implication des habitants ne fonctionnent pas uniquement sur le registre de la revendication ou de la violence, mais qu’elles peuvent agir au service de l’intérêt général, même si le projet n’est pas initié ou organisé au départ par les collectivités locales. Il s’agit aussi de faire confiance aux initiatives citoyennes comme force vive complémentaire au fonctionnement des politiques publiques locales.

    PROPOSITIONS

     Décentralisation géographique de la gestion urbaine en initiant des réunions, des actions et visites conviviales des professionnels « ingénieurs » dans des lieux du quartier.
    • Ateliers urbains citoyens : séances thématiques consacrées d’une part à la formation des participants aux notions de base de la planification urbaine et d’autre part, à l’analyse du projet
    • Visites accompagnées de reconnaissance du site
    • Journée Habitants avec conférences, atelier et animations
    • Réunions publiques et mise en place d’autres moyens de communication (internet, affiches, exposition, maquette…)

     Démultiplication de la démocratie locale
    Pour construire un véritable processus participatif, il est nécessaire de concerter au plus proche les parties impliquées pour rechercher un accord en vue d’une prise de décision ultérieure et non pas seulement d’échanger des informations et arguments. (Ce qui distingue concertation du débat)

    Il existe ainsi sur ce quartier, et dans la ville plusieurs forces vives qui agissent ici et là, mais sans que leur projet soit réellement rattaché au service d’un projet de territoire. Il semble manquer une coordination globale des projets sociaux et urbains pour une meilleure cohérence des actions de développement local.
    Quelques exemples d’actions qui pourraient venir en complémentarité des projets institutionnels :
    • Ateliers du citoyen : séances thématiques pouvant être consacrées d’une part à la formation des participants aux notions de base de la planification urbaine et d’autre part, à l’analyse du projet
    • Visites accompagnées de reconnaissance du site comme le fait la Gargouille
    • Journée Habitants avec conférences, atelier et animations
    • Réunions publiques et mises en place d’autres moyens de communication : internet, affiches, expositions, maquette…
    • Générer Rencontres /Expositions/Ateliers de créations /Productions et Travaux

    • sur des thèmes tels que mémoire et reconnaissance
      - à base de Photos, Vidéos, Peintures, Dessins, Sérigraphie, Mapping, Lightgraf, Lasertag, Land art, Eco-construction, Auto-construction, Mosaïque, Bricolage, Culture de jardin, Musique, Slam et Danse.

    • Permettre La création de comité d’habitants :
    Un espace d’accueil des initiatives, de confrontation, un lieu à fonctionnement variable et non un organe de représentativité. Refuser de devenir un instrument uniquement au service de la Mairie, c’est savoir interpeller les décideurs sans devenir objet d’enjeu politicien en refusant d’être présenté comme l’expression des habitants : C’est savoir prendre en compte l’expertise citoyenne et sa capacité d’initiative directe sans se laisser gagner par les questions individuelles.

    ANALYSE POLITIQUE

    Une occasion a été ratée en 1986 avec la Marche des Beurs.
    Ce mouvement parti des banlieues incarne l’apparition publique d’une génération d’Arabes de France qui porte une triple demande de reconnaissance : reconnaissance comme Français, comme Arabes et comme Habitants d’une cité.
    Ce mouvement est à proprement parlé inouï : jamais ces 3 marqueurs identitaires (nationalité, origine ethnique et statut d’habitant) n’avaient été réunis dans une formulation politique et publique. (Témoignage très important d’un acteur local de ce mouvement, Hafid ELALAOUI de la Maison de Quartier de Bagatelle)
    D’une certaine façon cette initiative constituait une situation de renouveau considérable de la rhétorique républicaine.
    Ce mouvement n’a pas été compris, il a été mal interprété par les partis politiques, certains comme le Parti Socialiste, l’affadissant en combat antiraciste, ont contribué à l’enterrer.
    L’islam a progressivement pris le relais de ce mouvement social laïc.
    Aujourd’hui dans le quartier la démocratie représentative n’est pas remise en cause. Elle est « seulement » mise à mal par la perte de confiance, ce qui se traduit par l’abstention, des votes de défiances, mais aussi des incivilités et violences.
    On remarque trop une institutionnalisation des pratiques citoyennes, les collectivités veulent trop être les initiateurs alors que ces dernières ne peuvent fonctionner que si elles reposent sur des démarches spontanées. Ainsi la confiance peut exister s’il y a un développement réel de la démocratie participative. Il s’agit de renforcer le pouvoir d’agir des citoyens en passant d’une logique de pouvoir de domination à une logique de pouvoir de création et de coopération.

     Passer d’une logique de pouvoir de domination à une logique de pouvoir de création et de coopération.

    Alors peut-on se satisfaire, sous couverts de grands mots, de consulter un peu plus les habitants, de faire un peu plus de communication pour que les habitants comprennent bien les bonnes intentions des pouvoirs publics ?

    Renouveler la démocratie suppose d’agir collectivement à plusieurs niveaux dont le plus importants est celui de la conscience collective du rôle de chacun dans la société (reconnaissance). Si l’on considère que toute personne est porteuse de savoirs différents qui peuvent être mis en communs .On change déjà le rapport entre les professionnels (maîtres d’ouvrage et d’œuvre) et les habitants (maître d’usage). Le premier n’étant plus là pour « dire à la place de » mais pour « dire avec ».

     Changer de paradigme dans cette rénovation urbaine qui met en jeu le traitement des lieux et le rôle dévolu à ceux qui les habitent.

    Ainsi la pratique de la rénovation urbaine au Mirail constitue un domaine privilégié d’expansion du vocabulaire de la participation. Le quartier du Mirail est celui ou l’efficacité de l’action publique est la plus directement mise à l’épreuve. On peut escompter un accroissement de celle-ci par l’implication des habitants, susceptibles de mieux orienter l’action et de seconder l’effort des agents publics.
    Telle est la doxa en la matière qui veut qu’aucun programme, aucun projet ne soit assorti d’une réelle « nécessaire participation des habitants ».
    En ces temps ou les propositions politiques se font rares, certains parlent de rupture sans dire clairement dans quelle direction ils souhaitent aller, accroissant ainsi l’angoisse de ceux qui se sentent menacés, pendant que d’autres s’emploient à les rassurer mais en laissant dans le flou la question des moyens.

    LES MOYENS

    Le renforcement d’une démarche participative permettrait d’agir contre l’exclusion grandissante de notre quartier et la perte de lien social. Elle favoriserait notre prise de conscience des enjeux du développement durable et permet à chacun d’agir concrètement.
    Cette démarche semble problématique pour les acteurs institutionnels du Mirail. Le dialogue est difficile et notre société individualiste ne favorise pas l’échange.
    C’est pourquoi la participation des citoyens au GPV du Mirail se limite à des présentations/informations/consultations précaires.

    Il est évident que l’intervention sur une après-midi de Bazar Urbain pour enquêter sur le nom de la médiathèque du grand Mirail (grand M) ne peut pas être reconnue comme « l’aboutissement d’une démarche participative inédite » comme le stipule le n°2 de la brochure GPV info quartier.

    Autre exemple dans cette brochure : le « diagnostic en marchant » avec des habitants en 2009 dans le Petit Bois de Bellefontaine à permis de définir 4 points clés lors de la présentation (en décembre 2010) du projet à venir de réaménagement « en profondeur » de ce joli parc :

    • Extension de sa surface,
    • Amélioration des chemins piétons/vélos,
    • Mise en place d’aires de convivialité
    • Valorisation de la présence de l’eau. C’est aujourd’hui LA démarche inédite de la Mairie, mais le paysagiste de Georges Candilis avait déjà tout fait en ce sens sans la consultation des habitants. Ainsi, depuis 35 ans, le magnifique chemin élaboré à partir de galets de la Garonne n’était très peu emprunté car inconfortable et glissant. Les habitants marchaient donc dans la boue juste à coté, traçant un chemin d’usage alternatif comme on le remarque souvent même à coté des nouveaux parterres actuels dessinés par des décideurs non usagers. Une nouvelle preuve que toute initiative non concertée ne peut aboutir, on ne peut vouloir le bonheur des habitants malgré eux.

    Une démarche intégrée est maintenant indispensable.
    L’approche globale « investing in people, not just buildings » (investir dans les gens, pas seulement dans les bâtiments) ou encore “ joined-up problems demand joined-up solutions” (des problèmes liés requièrent des réponses liées)
    Elle repose sur l’idée que les problèmes du quartier, des habitants ne sont pas uniquement des problèmes de logement. Loin d’être isolées, leurs difficultés se renforcent mutuellement. En cela les solutions à apporter se doivent être intégrées. C’est le credo « New homes are not enough ».

    Le problème nécessite de transformer les modes d’organisation territoriale de l’action locale de la Mairie : l’objectif étant d’œuvrer à rétablir le lien distendu entre politique et habitants.
    Cette relation, inscrite dans la durée, exige à la fois de l’élu et de l’administration une plus grande transparence et un débat permanent.
    Les agents de la proximité DDS /GPV sont dans une fonction paradoxale, sans doute constitutive de leurs missions : inciter la participation des habitants, tout en défendant la politique municipale. Ils ont à gérer cet équilibre mais l’éthique même de leur métier doit les pousser à privilégier la participation des habitants, à respecter la parole issue de cette participation, dans sa diversité et à lui garder son contenu subversif et dérangeant.
    Pour être crédible aux yeux du quartier ils ont besoin d’une marge de manœuvre.

    A Toulouse, le 20 Mai 2011,

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