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  • Bouchons en marionnettes (Philippe Hoareau)

    TO7 vous invite Jeudi 22 novembre 2018 A 11h55 A un repas-débat  avec Philippe HOAREAU et ses petits bouchons en figurine. Réservez svp avant mercredi midi par Tél ou par mail repasdebats@to7.org (repas 2€ pour personnes en situation de précarité, 5€ pour les autres)

    22 novembre à11:30 - 2:00

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Les articles les plus récents

  • Le Sept 171-172 Robots demain? 30 octobre, 2018
                                Sommaire 

    Mot de Bienvenue aux nouveaux membres de l’équipe.

    Edito

                                 Dossier :
                              Robots Demain ?
    
                 Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle ? Où en est-on ?
    
                 Biologie et Intelligence Artificielle                                
    
                 Intelligence artificielle : 
                 Sommes-nous prêts pour ce changement radical ?         
    
                 Aujourd’hui lire dans les pensées ? Demain augmenter notre potentiel
                 ou télécharger l’esprit ?
    
                 Faciliter la vie                                                              
    
                 Intelligence Artificielle et société de demain                                                          
    
                 L’Intelligence Artificielle pour tous et l’emploi ?
    
                 Outils de critique sur le numérique

    Parole ouverte

    Conte : Les liens des couleurs

    Abonnement

  • Edito: L’intelligence artificielle suscite des sentiments naturels 30 octobre, 2018

    par Rémi Droin

     

    Comme nous ne sommes pas des robots dans un monde de robots, nous avons nos propres sentiments, nos réactions.

    D’un côté, il est possible d’entendre la douce voix séductrice qui nous appelle pour nous dire que l’Intelligence artificielle (IA) aussi appelée apprentissage profond n’est que positive, qu’elle n’a de fins que pour faciliter la vie quotidienne, œuvrer au bien-être et aider à soigner. Et c’est vrai que, grâce à des calculs très importants, en profondeur, elle permet à des personnes en situation de handicap de percevoir des descriptions d’environnement, de produire des images grâce à des mots,  voire des sons.

    D’autre part, certains optent pour la peur, avec le tableau sombre de ce que l’IA représente : un transhumanisme à l’extrême. L’humain est de moins en moins humain et peu à peu  peut devenir superficiel, artificiel, tel un robot, sans sentiment.

    Le fait qu’elle soit utilisée par les réseaux sociaux avec par exemple la reconnaissance faciale, amplifie ce sentiment qu’elle contribue à des liens plus virtuels que réels.

    Toujours est-il que la plupart d’entre nous déjà « connectés » disposent sans le vouloir ni le savoir parfois, de certaines fonctionnalités issues de l’IA. Les smartphones et téléphones actuels l’utilisent  ne serait-ce que pour la reconnaissance vocale ou encore l’écriture intuitive qui nous propose des mots en fonction des données enregistrées auxquelles s’ajoutent nos usages. Les collectes de données de plus en plus efficaces permettent effectivement de sélectionner quelques propositions de réponses assez précises à partir de quelques lettres seulement ou grâce à une lecture globale de nos courriels.

    Je ne suis pas d’accord
    Pourquoi pas ?
    Pour info

    Vers où nous mène cette course toujours plus folle vers la performance, la rentabilité  et quelle sera son utilisation réelle ? Guérir et libérer ou asservir et assouvir des intérêts économiques ? C’est bien là toute la question éthique qui est posée dans ce numéro du Sept avec la participation créative et humaine de l’équipe de To7, bénévoles, bénéficiaires des cours de français, personnes accueillies, etc.  qui ont tous su rester nature avec leur culture.

     

  • Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Où en est-on ? 30 octobre, 2018

    par Gisèle Verschelde

    Source de tous les fantasmes, tant dans le domaine de la SF que dans celui de l’information, l’IA a été récemment définie  par la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) comme « le grand mythe de notre temps ».  De quoi s’agit-il réellement ? Et quelles sont ses finalités ?

     

    L’IA est classée parmi les sciences cognitives qui font appel à la neurobiologie, à la logique mathématique et à l’informatique. Plus qu’une discipline, c’est un ensemble de concepts et de technologies. Elle recherche des méthodes de résolution de problèmes à forte complexité logique ou algorithmique(1). Par extension elle désigne les dispositifs imitant ou remplaçant l’homme dans la mise en œuvre de son  intelligence.  En gros, elle désigne la construction de programmes informatiques qui tendent à imiter les comportements humains : compréhension des langues naturelles, raisonnement, perception visuelle, auditive, commande de robots… Mais il existe d’autres définitions de l’IA qui se soucient de savoir si l’IA présente un modèle humain ou non d’intelligence, et on peut supposer que ces définitions vont encore évoluer.

    Elle apparaît pour la première fois en 1950 avec les travaux d’Alan Kuring, qui se demande si les machines peuvent « penser ».  L’IA, en tant que domaine de recherche, a été créée à la conférence du  campus de Dartmouth College pendant l’été 1956. Mais la notion même évolue à mesure que la technologie progresse : ainsi la recherche d’itinéraire n’est plus considérée comme de l’IA, par exemple, alors qu’elle l’était en 1950.

     

    Actuellement, deux grandes tendances se dessinent au sein de l’IA :

    – Les partisans de l’intelligence artificielle forte pour qui le concept d’IA  fait référence à une machine capable non seulement de produire un comportement intelligent, mais d’éprouver  une conscience de soi, de « vrais sentiments» et« une compréhension de ses propres raisonnements »(2)

    Les scientifiques adeptes de l’IA forte ne voient généralement pas d’obstacle de principe à créer un jour une intelligence consciente sur un support matériel autre que biologique. Ils pensent juste qu’ actuellement, les capacités humaines sont limitées pour concevoir les logiciels adéquats. Les arguments sont nombreux qui estiment la chose impossible, mais certains pensent que c’est possible pour des ordinateurs qui manipuleraient des symboles. Cependant, il semble impossible de faire la distinction entre des machines qui éprouveraient une conscience, et celles qui simuleraient cette conscience !

    – Les partisans de l’intelligence artificielle faible cherchent à construire des systèmes de plus en plus autonomes, des algorithmes capables de résoudre des problèmes d’une certaine classe, etc.

    Ces logiciels parviennent à imiter de façon grossière le comportement d’humains dialoguant avec d’autres humains. On en voit des exemples concrets avec les programmes conversationnels tels que ELIZA. Joseph Weizenbaum, créateur du programme ELIZA, met en garde le public dans son ouvrage Computer Power and Human Reason :  ELIZA simule très grossièrement le comportement d’un psychologue en questionnant toute mention du père ou de la mère, en demandant des détails et en écrivant de temps en temps « Je comprends. ». Mais son auteur rappelle qu’il s’agit d’une simple mystification : le programme ne comprend en réalité rien.

    Actuellement, l’IA intervient ou cherche à se développer dans de nombreux domaines comme l’aide au diagnostic en médecine, à la prise de décisions dans le secteur du droit, à la résolution de problèmes complexes tels que les calculs d’allocations de ressources, l’assistance par les machines à des taches dangereuses ou non, ou nécessitant de la précision, l’automatisation des taches.

    Ses domaines d’application sont très vastes : la banque et la finance, le domaine militaire avec les drones,  (une course aux armements avec IA est en cours), la logistique et les transports, la robotique et les jeux vidéos, et certains secteurs artistiques (œuvres animées par IA)

    (1) Un algorithme énonce une solution à un problème sous la forme d’un enchaînement d’opérations à effectuer.

    (2) Dictionnaire de l’informatique (1975), André Le Garff.

  • Intelligence Artificielle; Sommes-nous prêts L’intelligence artificielle : Sommes-nous prêts pour ce changement radical ? 30 octobre, 2018

    par Christoph Von Villiez,

    Pour beaucoup de gens, y compris moi, le terme ‘intelligence artificielle’ (IA) évoque des associations avec les films hollywoodiens, dans lequel des armées de robots, équipés avec une intelligence surhumaine, conspirent contre les humains. L’idée de l’intelligence artificielle était un sujet célébré par la science-fiction pendant plus de 60 ans, mais aujourd’hui nous ne sommes pas loin de faire connaissance avec la révolution de l’IA. Le monde de la science est d’accord : Si la recherche continue au niveau d’aujourd’hui, les nouvelles générations vont faire l’expérience d’un changement, qui est comparable avec la révolution industrielle.

    Mais sommes-nous prêts ?

     

    D’abord, il faut se demander qui fait de la recherche aujourd’hui et dans quelle mesure ?

    Il est clair que les organisations qui font le plus de recherches sont les grandes entreprises internationales, comme Google, IBM, Baidu ou Microsoft et pas les organisations gouvernementales ou  libres . Donc il est bien possible que la technologie soit utilisée dans les intérêts économiques de ces entreprises et pas nécessairement de la communauté.

    Par ailleurs, la technologie d’IA a le potentiel de remplacer beaucoup de boulots. Dans un cadre politique bien préparé, cela peut libérer les gens du travail difficile et long. Mais maintenant, nous sommes loin de ce cadre politique, donc si on ne fait aucun progrès, ça suscitera beaucoup de problèmes. Un autre problème avec cette technologie, c’est la limitation de la compréhension humaine. Par exemple si une intelligence artificielle générale (pas limitée à un domaine spécifique) existe, les résultats sont toujours dépendants d’un être humain qui interprète ces résultats.

    Puis, une IA qui est comparable avec l’intelligence humaine ou mieux va apporter des progrès dans presque tous les domaines de la vie quotidienne. Par exemple dans la médecine, pour faire des diagnostics, dans le transport mondial, avec des systèmes autonomes ou dans les mathématiques et statistiques, les possibilités sont infinies.

    Mais est-ce qu’un algorithme de l’IA peut prendre des responsabilités comme un être humain ?

    Et sinon, qui le fera ?

     

    Cette question et plusieurs autres de nature éthique, juridique et politique restent sans réponse.

    Donc : Non, nous ne sommes pas prêts.

    Mais que peut-on faire ?

    Je crois qu’il est aussi nécessaire d’élargir les recherches non seulement sur l’IA, mais aussi sur les conséquences globales pour la société et comment on peut éviter le mal et les conséquences désastreuses. On doit établir un règlement du droit, de l’économie, de la morale et du contrôle afin d’être prêt pour ce changement.

  • Repas-débat: Aujourd’hui lire dans les pensée? Demain augmenter notre potentiel ou télécharger l’esprit? 30 octobre, 2018

    Repas-Débat avec Jean Michel Hupe, chercheur en neurosciences au Centre de Recherche Cerveau et Cognition

    Restitution par Gisèle Verschelde

     

    – L’intelligence artificielle, le cerveau qui commande une voiture par télépathie, pourquoi on en arrive là ? On a déjà tellement de soucis pour se parler entre frère et sœur, avec ses parents ! Aller chercher plus compliqué, ça va profiter à une classe sociale riche mais nous, ça va être l’exclusion.

     

    – Si on ne se parle plus c’est de notre faute. Tout le monde est là sur son portable ! Je ne suis pas contre les nouvelles technologies mais à un moment donné, il faut faire un tri. Mon portable, je le laisse chez moi, autrement je ne peux plus observer, écouter, entendre, tous ces plaisirs là … Je veux rester disponible et libre. Si on ne fait pas cet effort, on ne se parle plus, alors c’est la guerre.

     

    – Peut-on lire nos pensées ?

     

    – Que peut-on faire aujourd’hui avec le cerveau ? On arrive à corréler tel mouvement et telle zone du cerveau pour les personnes paralysées dont le cerveau est intact mais la moelle épinière atteinte. La personne va imaginer faire un mouvement et avec une petite boite au niveau du cerveau, elle va arriver à piloter un bras. Donc les promesses sont énormes, entre l’envie de guérir des associations de malades, et le désir de sauver des chercheurs.  Mais on ne comprend pas comment ça fonctionne.

     

    – La maladie d’Alzheimer : maladie ou vieillissement normal dû à l’âge ?

     

    – La plupart des chercheurs penchent pour la maladie. Aux USA on donne beaucoup de médicaments aux malades atteints d’Alzheimer, sans résultats. Les raisons légitimes, c’est le désir de soulager le malade, les raisons illégitimes ce sont les intérêts des labos pharmaceutiques. Ceci rejoint le transhumanisme : on scanne le génome, ce sont des entreprises privées qui font ça, et on va faire des probabilités d’avoir la maladie. D’abord, je veux savoir ou non ? Poser la question c’est terrible. Imaginons que je ne veux pas avoir ce choix. Mais ma compagnie d’assurance fixera ses tarifs en conséquence, et je me soumettrai au test pour payer moins.

     

    – Les chercheurs font-ils des erreurs ?

     

    – Dans la recherche comme partout ailleurs, il y a des enjeux de pouvoir, et les scientifiques, comme tout le monde, peuvent se tromper, et dire de grosses bêtises, et certains de leurs résultats sont faux. Le problème dans notre société, c’est que l’on donne la parole à des gens hauts placés ou des experts, et comme ils ont un titre, dans la tête des gens ils ne peuvent pas se tromper.

     

    – Quel est l’impact de l’image sur le cerveau ?  Le cerveau sature par la surinformation. Les médias ont compris tout ça. Ça devient de la manipulation de masse. Nous sommes conditionnés.

     

    – Saturation du cerveau, je n’ai aucune idée de ce que ça veut dire. On a quelques idées précises sur comment on forme les images, mais comment ça s’organise dans notre tête au niveau du cerveau on ne sait pas. Le cerveau est formé de milliards de neurones, l’information passe de neurone en neurone par de petites connexions, les synapses. ll existe un principe de plasticité cérébrale, c’est à dire d’adaptation. Si on répète l’information (image) à un neurone, et que le neurone suivant reçoit l’information, la connexion entre les neurones se renforce : notre cerveau est une énorme machine à s’adapter. C’est ce qui permet à un enfant de comprendre son environnement. Si on vous met dans un monde virtuel, on vous expose à des images sur ordinateur, votre perception va s’adapter à cette réalité, elle va comprendre ses régularités et ses irrégularités.  Si on répète tout le temps la même chose, ce qui est répété, on finit par y croire. C’est le principe de la publicité, basée sur la répétition. Mais on peut prendre conscience des choses, on peut faire des choix.

     

    – Et au niveau religieux est-ce que c’est pareil, par exemple lire tout le temps la bible et le coran ?

     

    – Au niveau religieux, ça peut être pareil, ceci dit, je n’ai aucune compétence dans ce domaine, ma position est déjà biaisée par mon opinion personnelle et puis aucun chercheur de par la position qu’il occupe n’est porteur de la vérité, un chercheur n’a pas plus d’autorité qu’un autre pour parler de quoi que ce soit.

     

    – Ceux qui disent que les religions conditionnent, ne sont-ils pas eux aussi conditionnés ?

     

    – Bien sûr. Le chercheur étant conditionné, il véhicule aussi les valeurs de sa société. Notre science est bâtie sur un mythe scientifique qui a été construit au 19eme siècle, c’est la pensée positiviste ou scientiste, persuadée qu’on va pouvoir résoudre grâce à la technologie, tous les problèmes de demain. On devrait être modestes par rapport aux conséquences de nos recherches. On est formé pour chercher mais sans avoir a réfléchir aux conséquences. C’est l’exemple de la bombe atomique.

     

    – Longtemps les scientifiques n’ont pas fait l’analyse politique des situations. 

     

    – Pour moi le plus important, c’est que la société civile ait son mot à dire sur ce sur quoi on cherche et pourquoi, et pas seulement les politiques et l’industrie ou les plus riches. Actuellement, si on remet ça dans le cadre de l’intelligence artificielle et du transhumanisme ; où est l’argent pour la recherche ? Dans les GAFAM, toutes ces industries de l’internet qui ont fait en quelques années des profits prodigieux, ont acquis un pouvoir énorme et qui créent un discours pervers. Ils se présentent comme des lanceurs d’alerte : avec l’IA on va dépasser l’intelligence humaine, et si on crée une intelligence supérieure, elle va nous trouver bête et va chercher à nous éliminer, et donc il y a un risque plus important que le changement climatique et les problèmes écologiques, c’est le risque de se faire éliminer par une IA supérieure, donc il nous faut des sous et des chercheurs. Ce discours est complètement très dangereux. Pour moi, le vrai progrès il est social, et humain.

     

    – Quel est l’impact des technologies sur l’humain ? Est-ce forcément un facteur de progrès ?

     

    – Il y a une accélération de l’impact des technologies. Depuis quelques années, tout explose dans les rapports humains, l’invasion du téléphone portable bouleverse notre rapport à l’autre. On ne reviendra pas en arrière, mais on peut essayer de faire un pas de côté : par exemple boycotter Facebook ou Amazone ! Collectivement, on peut essayer de faire autrement. Pour moi, la seule solution rationnelle c’est la décroissance.  On est révolté par la souffrance, la maladie et la mort et le transhumanisme trouve sa source dans le projet du siècle des Lumières qui imaginait que le progrès des technologies allait éradiquer cela. Le transhumanisme est l’enfant de l’humanisme. Le progrès est devenu la religion dominante sur terre, on se prend pour Dieu, on veut éradiquer la maladie et la mort. Mais c’est puéril, on est mortel, on a des maladies. Et le mieux c’est de l’accepter.

     

    – Est-ce qu’il y a une vision partagée sur la conscience dans la communauté des neuro-scientifiques ?

     

    – Il n’y a pas de consensus là-dessus, on n’a aucune idée scientifique sérieuse concernant l’émergence de la conscience. Il n’y a pas que le cerveau, on a un corps, on a des émotions, c’est très complexe.  Mais ce n’est pas grave, ce n’est pas parce qu’on ne trouve pas de réponse, qu’au niveau technologique on n’avance pas des solutions ! On propose des traitements à une maladie alors qu’on ne comprend pas ce qui se passe.  Au niveau de la procréation, on revient à la démarche eugénique du 19eme siècle, qui est encore le produit des Lumières. Par refus de notre condition tragique, on va vouloir faire des humains améliorés, en prenant par exemple des cellules de peau et en les transformant en gamètes, qui serviront à sélectionner des embryons normés. Les personnes qui refuseront la sélection seront stigmatisées si leur enfant a tel handicap, considérées comme responsables, et ne recevront pas d’aide. C’est un scénario possible. L’impact social des technologies est énorme, même si les chercheurs n’ont pas trouvé d’explications à tel ou tel problème qu’ils cherchent à résoudre.

  • Intelligence Artificielle pour tous, et l’emploi? 30 octobre, 2018

    Interview d’un étudiant en Licence informatique

    par France Flamand

    Q : Quelvin,  20 ans, – tu es en 3ème année de fac, en licence d’informatique, et as déjà travaillé 2 mois cet été dans une entreprise toulousaine sur la mise en conformité de l’entreprise à la législation européenne sur la protection  des données personnelles : tes études ont-elles baigné dans l’intelligence artificielle ou est-ce une science à part ?

     

    R : Les 3 ans de la licence, algorithmes, mathématiques, informatiques ont un tronc commun, les spécialités, dont l’IA, se choisissent après, en master, c-à-d en 4ème et 5ème année.

    Q : – un jeune informaticien comme toi peux-t-il s’en passer ?- L’IA est-elle réservée à une élite scientifique ou entre-t-elle dans la vie de tous ?

     

    R : Je ne poserais pas la question de cette façon ! L’intelligence artificielle* est une science en plein devenir basée sur la création d’algorithmes d’apprentissage intelligents de plus en plus puissants qui traitent des masses de données de plus en plus importantes. Pour les chercheurs et ceux qui y travaillent, c’est une branche spécifique de l’informatique, encore à son début.  Pour ses usagers, elle ouvre des perspectives immenses qu’on a du mal à imaginer : Un exemple : la reconnaissance vocale ! A peu près inconnue il y a quelques années, elle est maintenant omni présente dans le grand public. Qui ne connait pas Siri ? Qui ne dialogue pas avec son Iphone ou son ordi  qui répondent de vive voix à la demande et même conseillent !!!!

    Q : – Quelle sera  d’après toi, l’influence de  l’IA  sur l’emploi et les métiers de demain ?

     

    R : Nous vivons déjà depuis plusieurs années, je ne sais s’il faut dire une révolution ou une évolution profonde ! Il y a donc déjà et il y aura encore plus de modifications dans les types traditionnels d’emplois : on transforme l’emploi : on enlève des tâches que l’on fait faire par des robots et on les remplace par d’autres, qui doivent encore être faites par des hommes. Le phénomène n’est pas nouveau !

    Le cycle s’accentue et va plus vite. Mais comme pour les siècles passés, on créera de nouveaux types d’emploi et il faudra organiser la transition. Si les Hommes et les gouvernements s’attellent à la question ! Je crois que là est la question mais qu’il y a des réponses possibles !

    Mais l’IA, c’est à dire la production d’algorithmes super puissants qui agiront avec des robots, provoqueront un changement profond de société tel qu’on a du mal à mesurer avec nos échelles habituelles. Nous sortons de l’ère Production/Travail pour entrer dans une ère Travail/Loisirs. A une échelle progressivement mondiale. En combien de temps ? Je ne sais pas.

    Je crois qu’on a le temps de s’y préparer si l’on accepte de contrôler la recherche et l’usager de l’IA.

     

    Il ne faut pas faire avec l’IA ce qu’on a fait avec une invention informatique qui a bouleversé le monde mais qui nous a échappé : Internet ! On croit que ce sont quelques grands acteurs comme Google, Apple, Facebook, Amazon….qui contrôlent Internet ! Non, ils permettent à des milliards d’usagers sur la planète d’utiliser les sites les plus utilisés. Mais ces sites ne représentent qu’un faible pourcentage des sites créés y compris dans le« dark web ». Il faut donc maitriser la création et les usages à l’échelle européenne et internationale. C’est sur une application de cette nouvelle législation que j’ai travaillé cet été, en aidant une entreprise à se mettre à jour de la législation européenne des contrôles des datas. Mais les datas des clients, fournisseurs, personnels, même d’une grande entreprise ne représentent pas grands choses dans l’immensité du web.

     

    Q : -Tu as l’air préparé à ce bouleversement à venir, en as-tu peur ?

     R : – Non, je n’ai pas peur. Mais je ne sais pas si, ni quand, on maitrisera cette formidable révolution ! Certes, ma formation me permet de mieux comprendre, et peut-être d’anticiper un peu. L’IA est une machine super puissante mais ce n’est qu’une accumulation de mathématiques ! Est-ce qu’on laissera à L’IA le pouvoir d’échapper à l’Homme, comme on l’a fait pour internet, ou est-ce qu’on pourra la séquencer et contrôler sa création et ses usages en fonction des besoins ?  Je ne connais pas l’avenir. Ce n’est pas qu’une question scientifique. Elle est aussi politique et sociale : Veux-t-on ou non vivre les films comme « Terminator », Wall-e, Her, ou … Dans ce domaine et dans beaucoup d’autres, il y aura encore beaucoup de travail, même si « les tâches » et les « emplois » se modifient. Les jeunes le savent ou vont l’apprendre vite !

     


Qu’est devenu l’ancien site T-O-Mirail qui de 2001 à 2016 a été un portail avec, par et pour les habitants du Mirail  ?

Retrouvez-le à l’adresse http://old.tomirail.net.


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